La question Louis XVII et Madame la Duchesse d’Angoulême (8)

Nous lisons dans cet ouvrage royaliste ( p 91 et suivantes)  :

Une année, ou la France depuis le 27 juillet 1830 jusqu’au 27 juillet 1831

 Hector de Jailly Dentu, 1831

 » Ne nous écartons plus de la route où nous venons de devancer les événements Le mois de juillet approchait Madame la Dauphine était allée prendre les eaux de Vichy A cette époque un dissentiment grave s était élevé entre le gouvernement et la chambre des députés on pré voyait que la couronne poussée à des mesures extrêmes pourrait succomber dans une lutte jugée pourtant inévitable Madame la Dauphine absente de la cour semblait échapper à toute responsabilité confiante en la bonté du Roi comme en la fidélité des peuples elle parcourait les provinces qu elle charmait par une bienveillance plus affectueuse que jamais Quelque pressentiment avertissait il Madame d une prochaine séparation avec la France qui lui est si chère Quoi qu il en soit il n échappa à personne que la Princesse recevait les hommages et les vœux avec plus de satisfaction encore que de coutume A Moulins où cependant on la voyait presque chaque année on redoubla d acclamations à son arrivée et de marques de chagrin à son départ Les villes d Autun et de Mâcon firent remarquer leur enthousiasme A Bourg Madame la Dauphine visita l église de Brou,  chef d œuvre d élégance gothique Madame n était point venue jusqu à ce jour dans la capitale de la Bresse elle appuya elle même sur cette circonstance flatteuse pour les Bressans qu elle s était détournée de trente lieues pour les voir En quittant Bourg elle ouvrit sa bourse aux malheureux et se recommanda aux prières de M l évêque de Belley prélat qui rappelle le savoir et la pureté de l Eglise prirnitve Les voitures arrivées on entendit quelqu’ un s écrier : «  Madame est comme le bonheur elle passe trop vite  »

Ce peu de mots devint une prophétie en effet le bonheur était fini pour Madame et pour nous les ordonnances cause ou prétexte de maux incalculables avaient été rendues La Dauphine en avait eu connaissance à Mâcon par l entremise du comte de Brosses préfet du Rhône qu une dépêche télégraphique en avait instruit On était convenu de laisser au Moniteur seul le soin d apprendre cette détermination des ministres On ne connut donc les ordonnances à Bourg qu trois heures après le départ de Madame la Dauphine A Lons le Saunier le voyage commença à être difficile à Dijon il devint périlleux à Semur petite ville de Bourgogne tout demeura morne et silencieux autour de Madame On perdit les traces de la princesse jusqu’à Fontainebleau où elle s arrêta pour apprendre la révolution de Paris et les suites terribles d une courte mais déplorable guerre civile Le cœur de la Dauphine fut navré vainement on cherchait à lui cacher une partie de nos malheurs elle repoussait les paroles rassurantes et disait  » Le sang français a coulé je ne m en consolerai jamais   « 

Ce ne fut qu à la faveur d un déguisement que Madame put parvenir jusqu à Saint Cloud L attachement du Roi pour cette princesse et la tendresse que lui portait M le Dauphin furent exploités pour décider le Roi à la tardive ressource des concessions et d après la déposition de M de Sémonville ce fut en rappelant à un père à un époux que les jours de Madame la Dauphine étaient en danger que fut proposé le ministère Mortemart On n accepta point à Paris cette combinaison politique l abdication de Charles X et de M le Dauphin n obtint pas un meilleur succès La duchesse d Angoulême alors réunie à sa famille prouva qu il lui était facile de renoncer à une couronne qu on ne pouvait mettre sur sa tête que par la prolongation d une guerre de Français contre Français l auguste fille de Louis XVI consentit sans hésiter au sacrifice de tous ses droits mais elle n abdiqua pas la bienfaisance et quelque part qu elle soit exilée la duchesse d Angoulême restera la reine du pauvre et la mère de l orphelin La révolution de 89 recommença pour Madame en peu de jours elle retrouva les inquiétudes les angoisses du 6 octobre ou du retour de Varennes On la menaça du peuple qui se portait avec fureur sur Rambouillet et le même nom de Lafayette comme en 90 et 9i dominait les insurrections Des commissaires aussi furent nommés pour protéger le voyage de la famille royale ils prirent place dans la voiture du Roi comme autrefois Barnave et Péthion Puissent MM de Schonen et Odillon Barrot ne pas être traités parla révolution avec autant d ingratitude que leurs devanciers De Rambouillet jusqu à Cherbourg la duchesse d Angoulême eut l occasion de reconnaître combien il avait fallu peu de temps pour égarer les habitants des provinces Un an plus tôt elle s était vue ainsi que M le Dauphin l objet d une vénération méritée et la princesse savait bien en pénétrant dans le for de sa conscience qu elle n avait rien fait rien souhaité qui eût pu lui faire perdre l amour des peuples En traversant naguère les villes de Normandie chaque maison à son approche s était pavoisée de drapeaux blancs et de guirlandes de lis les cris de Vive le Roi avaient continuellement salué son passage aussi Madame ne put elle retenir ce peu de mots »  Quelle différence  ! » 

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Est-il déraisonnable de faire l’ensemble d’hypothèses suivantes ;

1 / en juillet 1830, la duchesse d’Angoulême était partie en voyage en province, sans le médaillon de Louis XVII qu’elle avait probablement laissé dans son pavillon de Flore au Palais des Tuileries, avant qu’il soit envahi par les révolutionnaires comme l’a été l’archevêché de Paris  ; 

2 / les révolutionnaires ont fait main basse sur cette relique royale qu’ils ont emportée avec les autres objets précieux à l’Hotel de Ville

3 / le médaillon de Louis XVII a été récupéré par le duc d’Orléans à l’Hotel de Ville ( ou à défaut selon une autre hypothèse, au Palais des Tuileries si ce médaillon n’a pas été conservé un moment à l’Hotel de Ville )

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C’est ainsi que cette relique royale d’une valeur historique inestimable pour tout coeur royaliste a pu être mise en vente aux enchères en octobre 2008, lors de la succession de feu Mgr le comte de Paris par Christie’s !  

Si bien sûr un expert de l’histoire de la famille des Orléans nous lisait et nous apportait un jour la preuve que le portrait du Dauphin peint par Louis XVI au Temple en 1792, et propriété de la duchesse d’Angoulême  a été transmis par don ou par succession familiale aux Orléans le JJ/MM/AAAA, nous serions heureux de reconnaître que notre hypothèse est erronée et nous la corrigerions aussitôt ! 

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