D’une lecture attentive des sources documentaires découvertes par notre ami Philippe il ressort que :
* 1 * le Dr Edouard Carriere, décédé le 6 décembre 1883 est né en 1808 ; il est donc approximativement de la génération des docteurs Jules Pelletan de Kinkelin ( né en 1805, thèse en 1831 ) qu’il a dû probablement connaitre à la Faculté de Médecine de Paris, si à un moment ou à un autre ils s’y sont retrouvés ensemble …
* 2 * Le Dr EC écrit en 1849 un ouvrage de référence sur le climat de l’Italie, après un long voyage d’études dans toutes les villes et stations principales du pays.
* 3 * C’est en 1852 qu’il est appelé auprès du comte de Chambord à Frohsdorf qu’il quittera en 1877-1878 …
* 4 * A priori le Dr EC n’a donc rien su d’autre des démarches faites de 1816 à 1845, par Philippe Pelletan et son fils Pierre Pelletan auprès de la famille Royale, que ce que le comte de Chambord a bien voulu lui dire à partir de ce qu’il pouvait lui-même savoir … Et sur ce sujet très précis, on en est réduit là aussi à de multiples conjectures …
* 5 * Si comme nous en faisons l’hypothèse principale, la mission du dr EC était d’enquêter sur le coeur de « Louis XVII », il est vraisemblable que sa première démarche a été d’aller à Faculté de Médecine ou à l’Académie de Médecine ( où il rencontrera probablement le Dr Corlieu …) et ensuite de se rendre auprès de Gabriel Pelletan, qui était le présumé dépositaire du » coeur Louis XVII » qui aurait été prélevé par son père, selon les écrits publiés à cette époque …
Cette hypothèse n’est bien sûr pertinente qu’à la condition sine qua non, qu’en 1868 la veuve de Pierre Pelletan qui décèdera en avril 1871, n’ait encore fait aucune démarche auprès du comte de Chambord, après les vaines tentatives auprès de la duchesse d’Angoulême, entreprises par son époux décédé en 1845 !
Si cette hypothèse est fausse, c’est la théorie de Laure de La Chapelle au sujet de l’intervention d’un Dr Bourdon qui devrait être réexaminée ! …
A l’inverse qu’en 1868 le Dr EC soit allé voir le Dr Gabriel Pelletan ( sur l’avis ou non du Dr Corlieu qui se donne le rôle d’informateur du Dr EC …) renforcerait le modèle de Laure de La Chapelle, selon lequel ce n’est qu’après la mort de la veuve de Pierre Pelletan que Jules Pelletan de Kinkelin fils adoptif de Pierre Pelletan a entrepris des démarches auprès du comte de Chambord ! …
Mais alors surgit un problème inédit ! Comment le Dr EC aurait-il pu laisser en 1871-1872 le comte de Chambord recevoir un coeur Louis XVII de la filière Pierre Pelletan – Jules Pelletan de Kinkelin s’il avait vu un » coeur Louis XVII » » dur comme du bois » chez Gabriel Pelletan ! …
Si EC a fait l’enquête sérieuse dont il est question dans la fameuse lettre du Père Bole, découverte par Laure de La Chapelle, il y aurait un sacré et nouveau problème inédit ! Il est a priori impensable qu’EC ait pu laisser le comte de Chambord réceptionner un coeur de « Louis XVII » alors qu’il aurait su qu’il en existait DEUX en 1868 !
Or le docteur Edouard Carrière n’a quitté Frohsdorf qu’en 1877-1878…
Mais si, Charles, cela est tout à fait pensable !
C’est pensable si et seulement si on considère, comme mon message (n°15) à la rubrique précédente le rappelle, que Chambord avait la certitude depuis 1865, par Maximin Giraud, que son cousin Louis XVII était vivant…, et que donc le cœur était un faux !
Or que fait-on d’un faux dans la nature, risquant de masquer la vérité sur l’existence du vrai roi et de l’avenir de la France ?
On cherche à le posséder coûte que coûte pour le faire disparaisse de la circulation (en le mettant dans son tombeau par exemple).
Là encore l’attitude de Chambord est cohérente.
Quand Chambord a su par le Dr. Carrière qu’il y avait deux cœurs, de provenance « Pelletan’s », là le problème devenait plus complexe, mais l’ordre de Chambord ne changeait pas, car aucun des cœurs n’appartenait à Louis XVII.
Il fallait donc enquêter ET essayer de les acquérir tous les deux.
Le Dr. Carrière ne faisait qu’obéir scrupuleusement à Chambord.
Chouandecoeur
cher chouandecoeur,
Merci pour votre réaction qui devrait nous aider à progresser dans l’approche de la connaissance de la réalité historique….
J’espère que nous aurons prochainement une intervention de Laure de La Chapelle car la découverte de la mission du dr Carrière me semble susceptible de remettre radicalement en cause son modèle …
Mais l’enjeu est trop important et ma méconnaissance totale du Journal du comte de Chambord m’interdisent de formuler pour l’instant une hypothèse plus précise …
Cher chouandecoeur,
Objection Votre Honneur ! Pardonnez-moi d’entrer en controverse avec vous mais comme l’experience l’a montré à maintes reprises c’est dans l’espoir de faire émerger la vérité !
Si j’ai bien compris, malgré l’enquête, ou à cause d’elle – peu importe – le comte de Chambord aurait accepté de réceptionner le coeur Louis XVII de la » filière Pierre Pelletan » pour le faire disparaître, alors même qu’il aurait su que c’était une fausse relique royale !
Compte tenu de ce qu’on sait de sa personnalité et de sa droiture d’esprit cela me semble invraisemblable !
Il ne pouvait que refuser quoi que ce soit et s’incrire a minima dans la tradition créée par Louis XVIII, Charles X et la duchesse d’Angoulême !
A fortiori, s’il avait été persuadé par le voyant de la Salette – question historique toujours en débat ! – qu’il n’était pas le roi légitime et qu’il existait une lignée dont il n’était que le cadet, il se devait même de refuser tout faux-semblant et il aurait dû saisir l’occasion pour manifester au moins qu’il n’existait aucune certitude que Louis XVII soit mort au Temple le 8 juin 1795 …
En acceptant de réceptionner un coeur « Louis XVII » – selon le modèle établi par Laure de La Chapelle – le comte de Chambord n’a en rien attesté qu’il était persuadé qu’il n’était qu’un cadet !
Et d’ailleurs n’avons-nous pas établi qu’il avait méprisé la première visite faite par Maximin ?
Il aura fallu la catastrophe de 1870-1871 pour que le comte de Chambord révise – semble-t-il – sa position après la seconde visite de Maximin !
Bonsoir Messieurs,
Et pourquoi ne pas envisager que le coeur de Pierre Pelletan soit parvenu au Comte de Chambord AVANT 1865 ! donc avant la visite de Maximin Giraud ?
Son secrétaire, le Comte de Vansay a été informé, je crois au cours d’une chasse, de la Survivance de Louis XVII : « Je ne règnerai pas sur la France car un autre est plus près du trône que moi, je ne suis qu’un cadet », d’où, ensuite, la bizarre histoire du drapeau blanc que personne ne comprenait vraiment. D’ailleurs, pourquoi, en 1830, le voyant Martin de Gallardon a-t-il dit au général de La Rochejacquelin que ni Charles X, ni le Duc d’Angoulème, NI LE COMTE DE CHAMBORD ne règneraient plus sur la France ??? – DÈS 1830 !!! -: « un Doigt les repousse » fut la phrase exacte !
La question est de savoir à quel moment le Comte a su la survivance de son cousin, sûrement après la mort de la Duchesse d’Angoulème. Toutefois, on peut, tout de même, se demander si sa mère ne lui avait pas touché quelques mots, vu la CONVICTION TOTALE DU DUC DE BERRY EN LA SURVIVANCE DE SON COUSIN. Il est peu vraisemblable qu’elle n’en ait rien su, tout particulièrement après son équipée vendéenne.
Que d’hypothèses à creuser !
Je vous souhaite une bonne soirée.