Archive for juin, 2012

De la traçabilité historique du  » coeur Louis XVII – Pelletan  » …[ MAJ 1]

Samedi, juin 30th, 2012

MAJ 1
* intégrant la dernière découverte de Philippe :
Le Gaulois du 15/12/1892 !
* note :
Le caractère plus ou moins grisé du texte ci-dessous [ jusqu'à la mort de Philippe-Jean Pelletan ] est destiné à mettre en valeur le fait qu’il n’existe aucun document contemporain pouvant attester la réalité des évènements indiqués …

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Chers amis,

Nous espérions pouvoir vous proposer une chronologie complète intégrant les découvertes faites récemment par notre ami Philippe dans la presse américaine du XIX ème siècle complétant un TRES IMPORTANT ARTICLE paru dans le Figaro …

Malheureusement des imprévus nous ont empêché d’atteindre l’objectif que nous nous étions proposé.

Pour diverses raisons, nous croyons néanmoins opportun de prendre le risque de vous proposer le document en l’état où il se trouve  ; nous le complèterons et le finaliserons durant la semaine prochaine …

Enfin, il n’est pas inutile de préciser qu’au terme de notre étude sur la traçabilité historique du  » coeur Pelletan  » à la mort du Dr Pelletan, il n’existait aucune certitude quant à la réalité même de la remise du coeur à Mgr de Quelen, en l’absence de tout document contemporain et/ou en raison des graves contradictions relevées entre divers témoignages retenus par la tradition historique … 

Nous vous laissons donc le soin de tirer vous-même quelques enseignements utiles à la lecture de l’esquisse de chronologie bibliographique ci-dessous, avant de vous proposer nos propres conclusions que nous n’avons pas encore finalisées … 

Dans l’espoir que cette version bridée de WordPress aura conservé les couleurs destinées à en faciliter la lecture, et avec tous nos remerciements pour la contribution capitale de notre ami Philippe sans qui cette MAJ de notre chronologie établie précédemment n’aurait pas pu être réalisée !…  

PS : merci de noter que nous avons laissé les textes en anglais dans l’espoir qu’ils soient repérés, grâce à la puissance des moteurs de recherches, par des universitaires américains ou anglais qui s’intéresseraient  à la question Louis XVII …

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*** vers 1821 ***

” Quant aux restes de l enfant j ai su de la bouche de Mgr de Quélen le vénéré et toujours regretté pontife que tout n avait pas alors disparu. Le coeur avait été conservé par le docteur Pelletan dans une boite de plomb scellée de son sceau et cette relique avait été remise vers 1821 à M de Quélen alors coadjuteur de Paris. En 1830 cette boîte fut jetée dans la Seine par les démolisseurs de l archevêché. ”  

*** 23 mai 1828 ***

: Décharge de Hyacinthe de Quelen à Madame Pelletan, à l’occasion de la remise du coeur
( Source Revue Rétrospective 1894 ) ; on ignore où est conservé le manuscrit original ! 

Mais pourquoi Gabriel Pelletan a-t-il écrit ( selon cette même Revue Rétrospective de 1894 ( p  201 ) ) à propos de la restitution par Lescroart :

” le mémoire que mon père avait déposé à l’Archevêché entre les mains de M de Quelen qui avait bien voulu garder aussi en dépôt le coeur de Louis XVII ” ? 

Ce lapsus ne serait-il pas par hasard LE DETAIL qu révèlerait l’imposture ? En effet n’est-ce pas en contradiction avec la remise de la décharge à Mme Pelletan, du fait que Pelletan était indisposé ? 

remise du coeur à Mgr de Quelen ( source Laurentie, 1845 )  

*** 26/04/1829 ***
remise d’une note de Mgr de Quelen à Charles X lui demandant de lui donner ses instructions au sujet du coeur de Louis XVII, dont il est ” saisi ” depuis un an ( source Revue Rétrospective 1894, 198 et suivantes ) ! Mais où est conservée cette note ?

1829/09/26  mort de Pelletan 

1831 ECKARD

” L’enlèvement et l’existence actuelle de Louis XVII: démontrés chimériques”  Par Jean Eckard ( A.-J. Ducollet, 1831 – 56 pages )

“(Pelletan) s est emparé du cœur de ce Prince et …il l’ a conservé jusqu’ à sa mort ”( 26/09/1829)

1831-novembre Antoine de Saint Gervais

Preuves authentiques de la mort du jeune Louis XVII ” Détails sur ses derniers momens (sic); pièces justificatives, documens (sic) inédits, et réfutation des mémoires du soi-disant duc de Normandie, fils de Louis XVI”
A. Antoine de Saint-Gervais (  Paris, L.-E. Hivert, novembre 1831, in-8, 66 p. ) Parois n° 32

 Tout comme Jean Eckard, l’auteur ignore la remise du coeur à Mgr de Quelen !

1832   Abbé Perreau ( sous *** , ancien vicaire général de la Grande Aumonerie )

Le passé et l’avenir expliqués par des événements extraordinaires arrivés a Thomas Martin, laboureur de la Beauce (E. Bricon, 1832 – 288 pages )

“  M Pelletan au moment de la restauration déclara qu il avait sauvé et conservé le cœur de l enfant mort au Temple dont il avait fait l autopsie soit que l on doutât de son assertion soit que par des motifs que nous ne nous permettrons pas d approuver on ait cru ne devoir donner aucune suite à cette découverte ce coeur n a jamais été reconnu par la famille royale et en dernier lieu Charles X a refusé la proposition qu on lui faisait de le transférer solennellement aux tombeaux de Saint Denis sépulture des rois de France  ”

L’auteur ignore la remise du coeur par Pelletan à Mgr de Quelen !

1836 Lafont d’Aussonne

“ Mémoires secrets et universels des malheurs et de la mort de la reine de France“ L. Lafont d’Aussonne ( A. Philippe, 1836 – 481 pages)

p 399 L’auteur reprend à son compte les affirmations de Pelletan à qui il attribue de très forts sentiments de piété royaliste et écrit qu’” un simple cristal renferme le coeur (de Louis XVII) ” ! 

p 174 « Le docteur Pelletan, qui avait présidé à l’autopsie, possédait et m’a montré le cœur du jeune roi Louis XVII et sa jolie chevelure blonde. M. Pelletan fils possède ces tristes dépouilles en sa maison, près de la cathédrale de Paris. » [M]L’auteur ignore donc la remise du coeur à Mgr de Quelen et laisse entendre que le coeur serait devenu la propriété du fils Pelletan par simple héritage sans être passé par l’archevêché de Paris ! Et selon l’étude de Laure de La Chapelle le fils Pelletan en question serait le Dr Pierre Pelletan, identifié grâce à son domicile ]

1845/08/12 décès de Pierre Pelletan (fils légitime de Philippe-Jean Pelletan )

*** 1845 *** Pierre Sébastien Laurentie

” Histoire de France” Pierre Sébastien Laurentie ( Lagny frères ) (p 587 – merci Philippe )

” Quant aux restes de l enfant j ai su de la bouche de Mgr de Quélen le vénéré et toujours regretté pontife que tout n avait pas alors disparu. Le coeur avait été conservé par le docteur Pelletan dans une boite de plomb scellée de son sceau et cette relique avait été remise vers 1821 à M de Quélen alors coadjuteur de Paris. En 1830 cette boîte fut jetée dans la Seine par les démolisseurs de l archevêché. ”  

1846 Modeste Gruau de la Barre  

” Intrigues dévoilées, ou Louis XVII, dernier roi légitime de France …, ” Vol.1 ( Modeste Gruau ,  Rotterdam, Nijgh, 1846 – 653 pages )

” Comment il se fait enfin , que ce coeur, objet d’un profond mépris, est devenu, en définitive, la pâture  des poissons de la Seine ? “  

1851 Jacques-Henry-Jules SUVIGNY

” La restauration convaincue d’hypocrisie, de mensonge et d’usurpation, de complicité av̂ec les souverains de la Sainte-Alliance, ou, Preuves de l’existence du fils de Louis XVI”  J. Suvigny ( Bureau de l’Inflexible, 1851 - 270 pages )

 ” ( Pelletan ) supposait que les oncles et surtout la sœur du prétendu Dauphin seraient beureux de retrouver (le coeur de Louis XVII ) Etonné qu on ne faisait aucune recherche et qu on ne le lui demandait pas il sollicita de la duchesse d Angoulême une audience l obtint et lui offrit ce cœur. La princesse refusa de le recevoir alléguant qu elle n était point assez sûre de la mort de son frère pour accepter des restes qui n étaient peut être pas les siens.

L’ ancien archevêque de Paris Mgr de Quélen ayant entendu parler du refus voulut savoir à quoi s en tenir la duchesse lui répéta les mêmes paroles et lui même les a redites à un grand nombre de personnes à M Laurentie de l Union entre autres.”

1852 Alcide de Beauchesne

 ” Louis XVII: sa vie, son agonie, sa mort, captivité de la famille …,” ( Alcide Beauchesne , Plon, Vol.2 )

” Le cœur conservé par M Pelletan fut renfermé dans un vase de cristal sur lequel étaient gravées les lettres LC monogramme de Louis Charles, dix sept étoiles aussi gravées sur le couvercle formaient une couronne surmontée d une fleur de lis dorée.

Ce vase demeura en dépôt à l archevêché de Paris d où il disparut lors du pillage de cet édifice le 29 juillet 1830.

M Gabriel Pelletan fit rechercher le cœur qui est aujourd hui en sa possession   “

1854 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE MICHAUD

 Michaud édition de 1854 Tome XXV : page 239 dans la biographie de Louis XVII :

« Le cœur du prince, soustrait furtivement, dit on, par M. Pelletan lors de l’autopsie cadavérique, fut placé dans un vase en vermeil qui demeura plus tard en dépôt à l’archevêché de Paris. Ce vase devint, le 29 juillet 1830, la proie des insurgés qui pillèrent l’archevêché ; mais le cœur fut réclamé par la famille Pelletan, au pouvoir de laquelle il est encore aujourd’hui. Toutefois, quelques doutes plausibles se sont élevés sur la réalité de cet incident. »

1873 Décès de Jules Pelletan ( 1831-1873 )

1873/11 Décès de Jules PELLETAN de KINKELIN (1805-1873)

1874   Plaidoirie de Me Jules Favre – Procès Naundorf contre le comte de Chambord 

1876 Dr Corlieu  

“La Mort de Louis XVII” , par le Dr A. Corlieu,… ( Champion,1876 )

“Pelletan toutefois s’en dessaisit et le coeur fut mis en dépôt au palais de l’archevêché. Mais lors du pillage de ce palais, le 29 juillet 1830, il disparut de nouveau. Le docteur Gabriel Pelletan, son fils, fut assez heureux pour le retrouver et le possède encore.” 

1877 Joseph MICHEL

Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie ( 15 juin 1877 / n°24 ) –  p 386p 387

D’après cet article   le coeur était en 1877 chez Gabriel Pelletan, fils du Dr Pelletan ; et bien qu’il cite l’étude du Dr Corlieu de l’année 1876, notre auteur laisse entendre que Gabriel Pelletan avait dû le récupérer par simple héritage de son père, car il N’EST FAIT AUCUNE MENTION DE LA REMISE DU COEUR A L’ARCHEVECHE DE PARIS DU VIVANT DE PELLETAN ET DE TOUTE INTERRUPTION CONSECUTIVE DE SA CONSERVATION  qui s’en serait suivie ! … 

Cet épisode du dépôt du coeur de “Louis XVII” à l’archevêché de Paris se trouve bien dans l’étude du Dr Corlieu, ( voir supra ) , mais l’auteur de l’article n’a pas jugé opportun d’en faire état ! …

C’est dans cet article que le témoignage allégué de la marquise de Talaru est cité publiquement pour la 1ère fois …

1879/10/11 Décès à 87 ans de Gabriel-Philippe Pelletan (fils adultérin de Philippe-Jean Pelletan)   

1883/08/24 Décès du comte de Chambord

1883/10/14 La Légitimité  

LA LEGITIMITE ( 14 octobre 1883, vol 37 ) 

Cet article nous apprend quelle a été la source  de  l’information que Gruau a évoquée de manière évasive dans son livre en 1845, lorsqu’il a écrit :  

” Comment il se fait enfin , que ce coeur, objet d’un profond mépris, est devenu, en définitive, la pâture  des poissons de la Seine ? “

Il s’agit du comte Lacépède ( 26/12/1756 – le 6/10/1825 )  attaché à la maison du duc d’Aumale

1884/04/20 La Légitimité 

( La Légitimité 20 avril 1884 ) - ( N°16 – p 241-242 ) : TEMOIGNAGE DE S. G. Mgr DE QUELEN  ARCHEVÊQUE DE PARIS rapporté par  ” L’ami de la vérité “

” On sait que le docleur Pelletan avait soustrait, pendant l’autopsie, le coeur de l’enfant qu’il croyait sans doute le Dauphin, ne le connaissant pas.
On sait aussi qu’il s’épuisa en vains efforts, sous la Restauration, pour faire accepter ce coeur par la famille royale.
En 1821, Mgr de Quélen, déjà coadjuteur, devint archevêque de Paris. Pelletan voulut profiter de son crédit à la cour et lui confia le « coeur de Louis XVII, » le priant, de faire enfin agréer par sa soeur cette précieuse relique de famille. Le prélat se rendit auprès de Madame et, après avoir exposé le but de sa visite avec une éloquence émue, lui présenta le coeur de son frère dans un vase d’argent ou de cristal.
Madame écouta l’archevêque avec patience, mais quand il eut,fini, loin de recueillir fraternellement l’objet présenté, elle le regarda d’un oeil sec et refusa. Ce refus étonna Mgr de Quélen, et cet étonnement se peignit sur ses traits.

Madame prononça alors ces paroles :
« HÉLAS! MONSIEUR L’ARCHEVÊQUE, NOUS NE CONNÀISSONS QUE TROP LE SORT DE MON MALHEUREUX FRÈRE !.. »

Mgr de Quélen raconta ce trait à M. Laurentie père. Nous savons que M Laurentie  fils ne nous démentira pas.”
Cet évènement est admis par la tradition historique et par Philippe Delorme lui-même, dans son livre !…

1884 Régis Chantelauze  

” Louis XVII, son enfance, sa prison, sa mort au Temple “ ( Chantelauze, 1884, Firmin Didot )

” M. Pelletan fils, dit Lafont (d’Aussonne), possède ces tristes dépouilles, en sa maison, près la cathédrale de Paris. » Le voeu du docteur Pelletan ne fut donc pas réalisé et peut-être le coeur de Louis XVII se trouve-t-il encore entre les mains de ses descendants. ”

22 avril 1887 Succession Dr Gabriel Pelletan – Déposition papiers chez Me Tollu  

Déposition entre les mains de Me Tollu, notaire à Paris, des documents originaux provenant de la succession du Dr Gabriel Pelletan  ( voir ci-après janvier 1891 )

1890 Edouard Le Normant des Varannes  

“Histoire de Louis XVII, d’après des documents inédits, officiels et privés,” par Ed. Le Normant Des Varannes (Edouard Burton). Orléans : H. Herluison, ( ouvrage composé en 1889 selon toute vraisemblance )

“  M. Pelletan, ne jugeant pas convenable de conserver dans son cabinet un objet que sa conviction lui faisait regarder comme une relique royale, alla l’offrir à Monseigneur l’archevêque de Paris, qui l’accepta et plaça l’urne dans la chapelle de l’archevêché.”

1890-09-20 Le Figaro Dr Corlieu

«   Pelletan avait gardé le silence sur son dépôt pendant tout le règne impérial, et la seule personne à qui il s’était ouvert en avait profité pour s’en emparer et avait tout naturellement gardé le plus profond secret
…
{
Après avoir exposé le refus de la famille Royale ) …

«  Pelletan toutefois, s’en dessaisit et le coeur fut mis en dépôt, dans un coffret, au palais de l’archevêché. Mais lors du pillage de ce palais, le 29 juillet 1830, il disparut de nouveau, emporté par un des envahisseurs. Pelletan fils, qui était alors à l’Hôtel-Dieu, reconnut le coffret dans les mains de celui qui l’emportait, et s’en empara. J’eus l’occasion de voir le docteur Pelletan fils, qui était un vieillard ; il me raconta ces faits et me montra le cœur desséché et dur comme du bois. « Que comptez-vous en faire? Lui demandai-je. » Je l’offrirai au comte de Chambord, me répondit Pelletan, et s’il ne l’accepte pas, je le ferai mettre dans mon cercueil. »

Un jour je rencontrai le Dr Carrière, qui était alors médecin du comte et lui exposai ces faits, qui l’intéressèrent beaucoup. Il alla voir le Dr Pelletan, fit part de sa visite au comte de Chambord. J’ignore ce qui a été décidé tous les trois sont morts et si pour l’anatomiste le coeur du prince et le coeur du tribun populaire ont une valeur égale, il n’en est pas de même pour l’historien, avide d’anecdotes. » Dr A. Corlieu.

1891/01/03 Dr Dureau

Le Dr Dureau écrit dans ” La Chronique médicale de Paris” !

« M. le professeur Tillaux, sympathique à tous, a inauguré son cours de clinique chirurgicale par une leçon très bien faite dans laquelle il a jeté un coup d’œil sur l’histoire de cette clinique. Un détail de cette leçon nous a intéressé tout particulièrement : il s’agit du cœur de Louis XVII. L’on sait que Philippe Jean Pelletan, le grand chirurgien, émule et successeur de Desault, avait été chargé de faire l’autopsie du pauvre enfant mort au Temple et qu’il avait conservé le cœur du dauphin.

Pendant la restauration, Pelletan fit toutes les démarches nécessaires pour rendre à la famille royale le cœur conservé, mais d’une part, il n’était pas bien en cour, de l’autre il fallait démontrer l’authenticité de l’organe et Pelletan mourut en 1829, laissant à son fils, professeur comme lui, le soin de continuer les démarches.

M. le professeur Tillaux demande, avec notre confrère Corlieu, ce que le cœur de Louis XVII est devenu, je puis le leur dire

            En juillet 1830, il se trouvait sur le bureau de l’archevêque de Paris, de Quelen, et, l’archevêché ayant été pillé, la nouvelle en parvint à Pierre Pelletan, qui, pendant la bataille même, se rendit à l’archevêché occupé par la Garde Nationale.

Pelletan se fit connaître de l’officier commandant, et, accompagné par lui, se rendit de suite dans le cabinet de l’archevêque où, au milieu des papiers et objets divers qui jonchaient la pièce, il put retrouver la boîte intacte qui contenait le précieux viscère ; il le remporta chez lui, n’ayant pas le temps de chercher le volumineux dossier qui, jadis, avait accompagné la boîte .

Pelletan, pour obéir à la volonté de son père, une fois les événements politiques accomplis, se mit en devoir de reconstituer le dossier perdu, et au bout d’un certain temps, il entama avec le comte de Chambord, des négociations analogues à celles commencées avec Louis XVIII et Charles X, mais il mourut en 1845 .

Son frère Gabriel, Pelletan, que nous avons tous connu, est mort en 1879, laissant à ses héritiers, avec une belle fortune, le soin de poursuivre les négociations entamées, soin qui était une sorte de condition du legs.

J’ai eu l’occasion,  à cette époque, de voir le notaire chargé de régler cette succession (M° Barre) ; devenu notaire honoraire depuis peu, il s’était chargé, comme l’un des exécuteurs testamentaires, de continuer la restitution du dossier réclamé par la famille du comte de Chambord et il a copié, à l’Académie, les divers documents du temps que je lui ai mis sous les yeux ; il paraissait satisfait de ses recherches, mais la mort du comte de Chambord est survenue sur ces entrefaites. Le cœur de l’infortuné Louis XVII est peut-être encore relégué dans quelque vieux carton d’étude de notaire. »

1892/12/11 The SUN New York

A royal heart on the auction block is the strange and gruesome spectacle which will rouse even blasd Paris into unfeigned interest in a few days. It is said to be the heart of the unhappiest ot all French princes, the Dauphin, son of Louis XVI and Marie Antoinette, and it has been preserved for ninety-seven years in a jar of spirits, where it was placed by tho famous surgeon Pelletan. who made the autopsy in the temple. The history ot the relic is authentic. The only question is whether tho boy who died in the temple In 1795 was the real Dauphin or a child who had been substituted for the prince. When the boy died Pelletan and three colleagues were assigned to make a post-mortem. During an intervall when the associates went to the window chatting Pelletan removed the heart from the body, wrapped it in a handkerchief, and slipped it into his pocket. He preserved the relic in a vessel of brandy until Louis XVIII became King, in 1817. Then he offered to give the heart to the King for royal burial. Louis neither refused nor accepted Pelletan’s offer. Pelletan then sent the relic to the sacristy of the archbishopric of Paris. In 1833 the people of Faris sacked the Archbishop’s palace and Dr. Jules Pelletan son of the surgeon saved the royal relic at the risk of his life. He has recently died.  The heart, in its reliquary, is to come to the hanmer.

1892/12/12 Alexandria Gazette

A Royal Heart on the Auction Block..

A royal heart on the auction block is the strange and gruesome spectacle which will rouse even blaze Paris into unfeigned interest in a few days.

It is said to be the heart of the unhappiest of all French princes, the Dauphin, son of Louis XVI and Marie Antoinette, and it has been preserved for 97 years in a jar of spirits, where it was placed by the famous surgeon Pelletan, who made an autopsy in the temple. The history of the relic is authentic.The only question whether the boy who died in the temple, in 1795, was the real Dauphin or a child who had been substituted for the prince when the boy died. Pelletan and three colleagues assigned made a post-mortem and during an interval when his associates went to the window, chatting, Pelletan removed the heart from the body, wrapped  it in his handkerchief and slipped it into his pocket. He preserved the relic in a vessel of brandy until Louis XVIII became King in 1817, when he offered to give the heart to the King for royal burial. Louis neither refused nor accepted Pelletan’s offer, and Pelletan then sent the relic to the Society of the Archbishopric of Paris. In 1833 the people of Paris sacked the Archbishop’s palace, and Dr. Jules Pelletan, son of the surgeon, saved the royal relic at the risk of his life. He has recently died, and the heart in its reliquary is to come to the hammer.

1892/12/13 Semi-weekly Interior Journal Stanford

The heart of a live man is generally  speaking a worthless kind of a possession, almost as much so indeed as that of  a dead one. The commercial value of the latter is to bo decided in Paris this week,  when the heart of the Dauphin Prince, son of Louis XVI and Marie Antonnette, who has been dead over a hundred years,  will be put up at auction. A surgeon stole the heart when he made an autopsy of  the remains and it has been in the family ever since, sealed in a jar of spirits. The surgeon’s son died recently and the heart is to be sold with his other effects. How much do wo hear for the small remant of royalty ?

1892/12/15 Le Gaulois

« Sait-on où se trouve en ce moment le coeur de l’infortuné Louis XVII, l’enfant martyr ?

Tout simplement, s’il faut en croire M. le docteur Corlieu, dans un tiroir de feu M. le docteur Jules Pelletan. Ceci résulte d’une communication faite par M. le docteur Huchard ( voir Persée ), à la dernière séance dé l’Académie de médecine, sur un travail de M. le docteur Corlieu, attaché à la bibliothèque de la Faculté de médecine de Paris, dans lequel ce savant,  s’est attaché à retracer, avec des documents inédits, l’histoire médicale de la dernière maladie des princes qui ont régné sur la France depuis François Ier.

Lors du pillage du palais archiépiscopal, le 14 février 1832, il disparut de nouveau.

…/…

Le docteur Jules Pelletan, son fils adoptif, fut assez heureux pour le retrouver,  et le fit voir au docteur Corlieu.

M. Pelletan fit savoir à Monsieur le comte de Chambord qu’il était possesseur du coeur de Louis XVII et offrit de le restituer ; en cas de refus du prince, le cœur serait mis dans le cercueil de Pelletan.

Il ne paraît pas, ajoute M. Corlieu, que Monsieur le comte de Chambord ait répondu. Pelletan est mort ; sa succession n’est  pas complètement liquidée, et le coeur desséché du pauvre Dauphin attend  sans doute encore son nouveau propriétaire.

Nos lecteurs auront remarqué comme nous qu’il existe, dans ce récit, une lacune considérable, et c’est probablement pour cela, que Monsieur le comte de Chambord ne s’est pas inquiété de l’offre du docteur Pelletan. M. Corlieu ne nous dit pas comment  M. Pelletan a retrouvé, dans Paris, le coeur disparu lors du pillage de l’archevêché.

Qu’est devenu le malheureux coeur martyr ? L’a-t-on placé dans le cercueil du docteur Pelletan conformément à la volonté qu’il avait plusieurs fois exprimée, ou bien est-il resté dans ses tiroirs ? Voilà ce qu’il faudrait savoir.
 

1893/05 “Current opinion – The Independent

Volume 13 1893 page 35″   http://books.google.co.uk/books?id=UiwiAQAAIAAJ

“Selling Hearts
A curious advertisement has lately been inserted in the day papers: “A dauphin’s heart, 1792, to be sold by auction or privately disposed of” This can only refer to the unhappy son of Louis XVI, and before I became its purchaser would require a good deal of proof as to its genuineness.”

1894 janvier-juin Revue Rétrospective
 
” Désespéré de ne pas aboutir, Pelletan finit par obtenir de l’archevêque de Paris, Mgr de Quelen, qu’il accepte le dépôt de son coeur à l’archevêché , accompagné d’un Mémoire justificatif.

On ignore à ce jour où est conservée le manuscrit autographe de la décharge que Hyacinthe de Quelen a donnée à Madame Pelletan le 23 mai 1828  :

” Je, soussigné, reconnais avoir reçu comme un dépôt sacré…un vase de cristal rempli d’esprit de vin, renfermant un coeur desséché, que M. Pelletan assure par serment être celui du jeune roi Louis XVII, lequel coeur avait été soustrait et conservé par lui, ainsi qu’il en a tracé l’histoire dans un Mémoire qu’il m’a aussi remis.
Ce vase est composé de deux parties : la partie inférieure, semblable à un verre à pied, est garnie, au pied, d’un cercle de vermeil élaboré. Sur les deux côtés du vase, sont gravés, d’un côté, le chiffre de Louis XVII, surmonté d’une couronne royale ; de l’autre, un coeur entouré de rayons. La partie supérieure se compose d’un couvercle, aussi de cristal, surmonté d’un cercle formant couronne, sur laquelle sont gravées dix-sept étoiles , et d’un bouchon orné d’une fleur de lys de vermeil ; ces deux parties sont réunies par un cercle de vermeil dentelé en la partie supérieure,qui semble sceller l’endroit où les deux parties se rapprochent . L’une et l’autre partie sont enfin réunies par un ruban blanc de soie, scellé du cachet de M. Pelletan, qui empêche d’ouvrir le bocal…
M . Pelletan se trouvant indisposé, et ayant d’ailleurs épuisé tous les moyens qui étaient en son pouvoir pour remettre ce dépôt à la famille royale, m’a prié de le recevoir, mais je ne le reçois qu’à condition que je pourrai moi-même le rendre au roi, et je promets, si je ne puis réussir, de remettre ce dépôt à M. Pelletan ou à sa famille.”

1896 juin Temple Bar

page-238.png

1901/09/05 Dr Corlieu
Annales de la Société historique et archéologique de Château-Thierry

” Le coeur fut offert à l’archevêché et conservé dans un coffret ”

Louis XVII, Roi de Thermidor – Jean Pascal Romain (2) [ MAJ 30/06 ]

Jeudi, juin 28th, 2012

A l’attention de nos nouveaux lecteurs ( ou de nos lecteurs habituels qui arrachent quelques minutes de distraction à leurs obligations professionnelles ou privées ) , peut-être est-il opportun de rappeler que dans les Mémoires de Madame Royale, il n’est nulle part  question d’une confrontation entre elle et son frère, ni entre sa tante et  » son frère » ,  ce qui est en contradiction radicale et absolue avec chacun des 2 PV qu’elle et sa tante seraient censées avoir signé séparément … [ *** Voir les extraits ci-dessous ...]

*** MAJ *** Enfin nous prions les dames et demoiselles qui nous lisent de bien vouloir nous pardonner de  devoir rappeler qu’en octobre 1793 Louis XVII avait 8 ans 1/2 …et qu’il n’était donc pas en état physique de  » pouvoir copuler avec  » sa mère » , à plusieurs reprises, entre le 21 janvier 1793 et le 3 juillet 1793, sous les yeux mêmes de  » sa tante  »  …[ ainsi que vous pourrez le lire dans le PV ci-dessous ]  ; on rappellera en outre pour donner toute la mesure du caractère proprement satanique de la Révolution, –  » bloc dont on ne peut rien distraire «  selon une formule célèbre de Clémenceau - qu’il a même été écrit que, par ce moyen, la Reine aurait cherché à  » prendre l’ascendant sur son fils  »  ! …*** MAJ ***

Le PV du 6 octobre 1793 est une monstrueuse et criminelle folie, unique dans l’histoire de l’Humanité, dont tout royaliste se fait le complice, involontairement ou non, en affirmant que Louis XVII est mort au Temple le 8 juin 1795 !

En effet, si l’acte de décès du 24 prairial an III,(  consécutif à la déclaration de décès du 22 prairial ) est authentique et rend compte de la réalité historique, qu’est-ce qui autorise à remettre en cause le PV du 6 octobre 1793 ? 

Voilà peut-être, chers amis royalistes non encore survivantistes, matière à réflexion pour commencer une véritable rupture épistémologique dont dépend  l’avenir du royalisme en France ? …

CHRONO, SVP ! … 

*** MAJ *** Après réflexion, nous avons crû opportun de faire cette MAJ, dans le cadre de cet  échange avec le blog LAFAUTEAROUSSEAU que vous trouverez  ici et … 

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…/…

Arrivé chez mon frère, je l’embrassai tendrement ; Mde Simon me l’arracha et me dit de passer dans l’autre chambre.

Chaumet me dit de m’y asseoir, ce que je fis ; il s’assit en face de moi : un municipal prit la plume.
Chaumet me demanda mon nom.
../…
Chaumet m’interrogea ensuite sur mille vilaines choses dont on accusoit ma mère ; je répondis avec vérité que cela n’étoit pas vrai, mais une infâme calomnie ; ils insistèrent beaucoup, mais je m’en tins toujours sur la négative, qui étoit la vérité.
…/…

En arrivant, j’embrassai ma Tante ; on lui dit de descendre, ce qu’elle fut, on lui fit les mêmes questions qu’à moi ; elle répondit à peu près les mêmes choses que moi.

Elle dit qu’elle connoissoit de nom et de visage les municipaux dont on lui parloit, mais elle nia toute correspondance au dehors, ainsi que toutes les autres vilaines choses sur quoi l’on m’avoit interrogée.
Elle remonta à 4 heures ; son interrogatoire ne dura qu’une heure et le mien en avoit duré 3.
…/…
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 Extrait du PV signé Louis Charles Capet et Thérèse Capet :

«   D — Si lorsqu’elle jouait avec son frère il ne la touchait pas, où il ne fallait pas qu’elle fut touchée ; si on ne faisait pas sauter son frère sur une couverture et si sa mère et sa tante ne le faisait pas coucher entre elles.

«    R — Répond que non.

«    Et de suite avons fait venir Charles Capet. Et l’avons invité à nous déclarer si ce qu’il a dit hier relativement aux attouche­ments sur sa personne était vrai.

«    R — A persisté dans ses dires les a répété et soutenu devant sa soeur et a persisté à dire que c’était la vérité.

 D — Interpellé une seconde fois de déclarer si cela était bien vrai ; a répondu oui cela est vrai, sa soeur a dit ne l’avoir pas vu.»

 

Extrait du PV signé de Louis Charles Capet et de Elisabeth Capet 

«   D — Sur ce, Charles Capet amené et interpellé de déclarer les faits, a dit persister dans ses dires, alors il s’élève une discussion entre les deux et l’enfant soutient qu’il a dit la vérité.

« à elle lue la déclaration de Charles au sujet des indécences mentionnées en la pièce en date du quinze présent mois.

R — Qu’une pareille infamie est trop au dessous et trop loin d’elle pour pouvoir y répondre, que d’ailleurs l’enfant avait cette habitude longtemps auparavant et qu’il doit se rappeller qu’elle et sa mère l’en ont grondé plusieurs fois.

«   Charles interpellé de s’expliquer à ce sujet atteste qu’il a dit la vérité.

« à elle Lu le reste de la déclaration de Charles sur le même sujet, et dans laquelle il persiste ajoutant qu’il ne se rappelle pas les époques, mais que cela arrivait fréquemment. Répond que comme cela ne regarde qu’elle, elle ni répondra pas plus qu’au reste, et qu’elle croit devoir être, par sa conduite à l’abri du soupçon.

«   Charles interpellé de déclarer qui l’avait instruit le premier dans cette pratique.

«   R — Les deux ensemble.

«   Et sur l’observation à lui faite par sa tante, qu’il avait com­mencé une autre phrase, répond toutes deux ensemble.

 

Louis XVII, Roi de Thermidor – Jean Pascal Romain

Jeudi, juin 28th, 2012

CouvertureDétails sur le produit

Louis XVII, Roi de thermidor de Jean-Pascal Romain 
(Broché – 1 novembre 1998)

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Jean-Pascal Romain

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F.-X. de Guibert, 1955 – 372 pages

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Les éditions François-Xavier de Guibert nous ayant autorisé dans le passé à publier quelques extraits du livre de Jean-Pascal Romain [  qui est pour nous un des livres de référence sur la question Louis XVII ]  nous prenons la liberté de publier les pages 189 à 196 qui donnent la transcription des PV des 6 et 7 octobre 1793, en raison du caractère crucial de ces pièces d’archives conservées aux AN !

Nous effacerions ces informations sur simple demande, si cette liberté prise au nom de la recherche de la vérité historique blessait les droits de la propriété intellectuelle de quiconque  …

En complément de la magnifique étude de notre très regretté ami, feu Michel Jaboulay, que Philippe vient de rappeler dans ces commentaires  voici donc les pages du livre posthume de Jean Pascal Romain en hommage à tous les chercheurs qui ont crû que la résolution de l’énigme Louis XVII pouait avoir un jour ou l’autre un impact sur le destin de la France …

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CHAPITRE PREMIER
LE PÈRE DUCHESNE ET LOUIS XVII

Les pages qui vont suivre sont assurément parmi les plus pénibles de cette histoire, et l’on éprouve quelques difficultés à croire que des hommes qui tenaient en leurs mains de si grandes responsabilités aient pu si bassement violenter une âme d’enfant, simplement parce que cet enfant était le Roi de France et qu’il fallait bousculer sur la guillotine la tête sanglante de sa mère : la Reine Marie-Antoinette.

Les faits sont là, pourtant. Il suffit de s’effacer loyalement devant les textes et les documents pour voir la terrible et mes­quine réalité apparaître.

Nous ne nous excusons pas auprès du lecteur. Ces textes sont des documents de nos Archives nationales, de celles de pays étrangers, des dépositions de témoins oculaires. Si nous les avons reproduits, c’est que toute une part des mystères du Temple devient incompréhensible dès qu’on cache ou qu’on déforme les circonstances qui ont abouti à faire de l’enfant de Marie-Antoinette — au moins en apparence — l’accusateur de celle-ci.

Les agissements du citoyen Hébert expliquent les contradic­tions apparentes du comportement de Simon vis-à-vis de son prisonnier. Ils nous aident à mieux saisir ce que fut l’« atmo­sphère » humaine de cette étrange période de la Terreur et nous permettent de comprendre comment et pourquoi on en vint par la suite, en 1794, à d’autres agissements, non moins criminels, à l’égard de Louis XVII et, sans doute, de sa soeur.

L’étude de ces textes nous amène aussi à comprendre que ce drame du Temple, qui palpite étrangement au coeur de la Révo­lution Française, n’est pas seulement de la toute « Petite His­toire » ; c’est aussi un miroir révélateur où se démasque tout un aspect humain — ou inhumain — de la psychologie révolutionnaire, et à sa lumière, bien des épisodes s’éclairent et se dégagent des simplifications partisanes.

Comme Antoine Simon, combien de terroristes sont loin d’être les « monstres » tout d’une pièce inventés, après coup, par la littérature néo-royaliste de la Restauration. Mais aussi, com­bien de « grands ancêtres », comme Hébert, apparaissent petite­ment différents des « héros » de la légende républicaine.

UN SINGULIER INTERROGATOIRE

« Le Quinzième Jour du Premier Mois de l’An Second de la République française, Une et Indivisible,

« Nous, Maire, Procureur Syndic et Membres de la Commune de Paris, nommés par le Conseil Général de la dite Commune pour prendre des renseignements sur différents faits qui se sont passés au Temple, et recevoir les déclarations à cet égard, nous sommes rendu au Temple et arrivés dans la dite Tour et nous étant présentés au Conseil du Temple et sommes montés à l’ap­partement du premier occupé par Louis Charles Capet pour entendre ses déclarations au sujet des propos et des événements dont il peut avoir connaissance : Il nous a déclaré que, l’hyver dernier, pendant qu’il habitait l’appartement de ses Mère, Tante et Soeur, un particulier nommé Dangé étant de garde auprès d’eux en qualité de Commissaire du Conseil, un jour qu’il l’ac­compagnait à la Promenade sur la Plateforme de la Tour, il le prit dans ses bras, l’embrassa et lui dit je voudrais bien vous voir à la place de votre Père : Nous a déclaré pareillement qu’un autre particulier nommé Toulan, étant aussi de garde à la Tour à la même époque les dites femmes l’enfermèrent, lui déclarant, avec sa Soeur, dans une des Tourrelles pendant une heure et demie un peu avant que l’on allumât la chandelle, et que pen­dant ce temps il s’est entretenu avec les dites femmes, et qu’il n’entendit pas le sujet de leur conversation ; que dans une autre circonstance il entendit dire par le dit Toulan à sa Mère et à sa Tante que tous les soirs il enverrait aux environs du Temple un Colporteur à dix heures et demie du soir pour lui faire crier toutes les nouvelles qui pourraient les intéresser ; que par suite de cette promesse il s’apperçut que les dites femmes ne se cou­chèrent qu’à onze heures passées et montrèrent de l’humeur de n’avoir point entendu les cris accoutumés du dit Colporteur ; Il a déclaré encore que Quatre Particuliers nommés Lepître, Bruneau, Toulan et Vincent pendant la durée de leur service dans les Appartements avaient coutume d’approcher les dites femmes, et de tenir des conversations avec elles, à voix basse. Déclare en outre qu’ayant été surpris plusieurs fois dans son lit par Simon et sa femme chargés de veiller sur lui par la Commune à commettre sur lui des Indécences nuisibles à sa santé, il leur avoua qu’il avait été instruit dans ces habitudes pernicieuses par sa Mère et sa Tante et que différentes fois elles s’étaient amusées à lui voir répé­ter ces pratiques devant elles et que bien souvent cela avait lieu lorsqu’elles le faisaient coucher entr’elles ; que de la manière que l’Enfant s’est expliqué, il nous a fait entendre qu’une fois sa Mère le fit approcher d’elle qu’il en résultat une Copulation et qu’il en résulta un gonflement à un de ses testicules connu de la citoyenne Simon pour lequel il porte encore un bandage et que sa Mère lui a recommandé de n’en jamais en parler, que cet acte a été répété plusieurs fois depuis ; Il a ajouté que Cinq autres Particuliers nommés Moêlle, Lebeuf, Beugnot, Michonis et Jobert conver­saient avec plus de familiarité que les autres Commissaires du Conseil avec sa Mère et sa Tante ; que Petion, Manuel, Bailly et La Fayette s’étant comporté très mystérieusement aux Thuilleries avec les femmes il estimait qu’il existait une correspondance directe avec ces Quatre hommes et les Commissaires du Temple, depuis la détention de ces femmes au Temple, que dans l’intervalle de ces conférences on l’éloignait ; Il nous a déclaré qu’il n’avait rien de plus à nous faire connaître. Le Citoyen et la Citoyenne Simon nous déclare avoir appris ces faits de la bouche de l’Enfant qu’il les leur a répété plusieurs fois, et qu’il les pressait souvent de le mettre à portée de nous en faire la déclaration. Après avoir reçu la présente déclaration y avons posé notre Signature conjointe­ment avec le Citoyen Hébert Substitut du Procureur Syndic de la Commune qui est survenu. À Paris dans la Tour du Temple les jours et an que dessus. »  Louis Charles Capet

Pache Chaumette

Hébert               Friry               Séguy

Substitut Commissaire du Commissaire de

Conseil                              service au Temple

Heusse  

 Auditeur de police                               

D.E. Laurent

Commissaire du  Conseil
Général

Simon

p 192

(Musée des Archives Nationales — reproduit en fac-similé par Gustave Bord — Autour du Temple -T. IV, Pièce n° 1).

CONFRONTATIONS ET TÉMOIGNAGES

On sait que c’est le lendemain 7 octobre 1793 que Louis-Charles Capet fut confronté avec sa soeur, puis avec sa tante.

«    Le 8 octobre, à midi, écrit Madame Royale, comme nous étions occupées à faire nos chambres et à nous habiller, arrivè­rent Pache, Chaumette et David, membres de la Convention, avec plusieurs municipaux. Ma tante n’ouvrit que quand elle fut habillée. Pache, se tournant vers moi, me pria de descendre. Ma tante voulut me suivre, on le lui refusa. Elle demanda si je remonterois ; Chaumette l’en assura, en disant : « Vous pouvez compter sur la parole d’un bon républicain ; elle remontera. » J’embrassai ma tante, qui étoit toute tremblante, et je descendis. J’étois très embarrassée : c’étoit la première fois que je me trou-vois seule avec des hommes ; j’ignorois ce qu’ils vouloient ; mais je me recommandai à Dieu. Chaumette, dans l’escalier, voulut me faire des politesses ; je ne lui répondis pas. Arrivé chez mon frère, je l’embrassai tendrement ,. mais on l’arracha de mes bras, en me disant de passer dans l’autre chambre. Chaumette me fit asseoir ; il se plaça en face de moi. Un municipal prit la plume, et Chaumette me demanda mon nom.

«    Ce fut alors Hébert qui m’interrogea ; il commença ainsi :

«    Dites la vérité. Cela ne regarde ni vous ni vos parents. «— Cela ne regarde pas ma mère ?

« — Non, mais des personnes qui n’ont pas fait leur devoir. Connaissez-vous les citoyens Toulan, Lepître, Breno, Brugnot, Merle, Michonis ?

« — Non.

« — Comment, vous ne les connaissez pas ?

« — Non. Monsieur.

« — Cela est faux, surtout pour Toulan, ce petit jeune homme qui venoit souvent pour le service du Temple.

« — Je ne le connais pas plus que les autres.

«— Vous souvenez-vous d’un jour où vous êtes restée seule dans la tourelle avec votre frère ?

« — Oui.

«— Vos parents vous y avoient envoyés pour parler plus à leur aise avec ces gens-là.

«— Non, monsieur mais pour nous accoutumer au froid. «— Que lites-vous dans cette tourelle ?

«— Nous parlions, nous jouions.

« — Et, en sortant, vous êtes-vous aperçue de ce qu’ils portoient à vos parents ?

« — Je ne m’en suis pas aperçue. »

«      Chaumette m’interrogea ensuite sur mille vilaines choses dont on accusoit ma mère et ma tante. Je fus atterrée par une telle horreur, et si indignée, que, malgré toute la peur que j’éprouvois, je ne pus m’empêcher de dire que c’étoit une infamie. Malgré mes larmes, ils insistèrent beaucoup. Il y a des choses que je n’ai pas comprises ; mais ce que je comprenais étoit si horrible, que je pleurois d’indignation. Il m’interrogea ensuite sur Varennes, et me fit beaucoup de questions auxquelles je répondis le mieux que je pus, sans compromettre personne. J’avois toujours entendu dire à mes parents qu’il valoit mieux mourir que de compromettre qui que ce soit. Enfin, mon interrogatoire finit à trois heures : il avoit commencé à midi. Je demandai avec cha­leur à Chaumette à être réunie à ma mère, lui disant avec vérité que je l’avois demandé plus de mille fois à ma tante. « Je n’y puis rien, me dit-il. — Quoi ! Monsieur, vous ne pouvez pas l’obtenir du conseil général ? — Je n’y ai aucune autorité. » Il me fit ensuite reconduire chez moi par trois municipaux, en me recommandant de ne rien dire à ma tante, qu’on alloit aussi faire descendre. En arrivant, je me jetai dans ses bras ; mais on nous sépara, et on lui dit de descendre. »

(Journal de Madame Royale. Éd. Imbert de Saint-Amand, pp. 118-119.)

Voici maintenant le passage du procès-verbal relatant l’in­terrogatoire de Marie-Thérèse, qui concerne les « infamies » dont on accusait Marie-Antoinette et Madame Elisabeth.

«   D — Si lorsqu’elle jouait avec son frère il ne la touchait pas, où il ne fallait pas qu’elle fut touchée ; si on ne faisait pas sauter son frère sur une couverture et si sa mère et sa tante ne le faisait pas coucher entre elles.

«    R — Répond que non.

«    Et de suite avons fait venir Charles Capet. Et l’avons invité à nous déclarer si ce qu’il a dit hier relativement aux attouche­ments sur sa personne était vrai.

«    R — A persisté dans ses dires les a répété et soutenu devant sa soeur et a persisté à dire que c’était la vérité.

 D — Interpellé une seconde fois de déclarer si cela était bien vrai ; a répondu oui cela est vrai, sa soeur a dit ne l’avoir pas vu.»

Concernant ensuite l’interrogatoire de sa tante, Madame Royale écrit :

«   On lui fit les mêmes questions qu’à moi, sur les personnes qu’on m’avoit nommées. Elle dit qu’elle connaissoit de nom et de visage les municipaux et autres qu’on lui nommoit, mais que nous n’avions aucun rapport avec eux. Elle nia toutes corres­pondances au dehors, et répondit avec encore plus de mépris aux vilaines choses sur lesquelles on l’interrogea. Elle remonta à quatre heures. Son interrogatoire n’avoit duré qu’une heure, et le mien trois c’est que les députés virent qu’ils ne pouvoient pas l’intimider, comme ils avoient espéré faire d’une personne de mon âge ; mais la vie que je menois depuis quatre ans, et l’exem­ple de mes parents, m’avoient donné plus de force d’âme » (op. cit., p. 119).

Voici maintenant le texte intégral du procès-verbal de l’inter­rogatoire de Madame Elisabeth :

«   Et de suite avons fait descendre Elisabeth Capet et lui avons demandé si elle connaît les citoyens Dangé, Toulan, Lepitre, Brunot, Vincent, Moêlle, Lebeuf, Beugnot, Michonis, Jobert.

«   R — Répond qu’elle les connaît de vue et de nom comme Laurent, Seguy, Simon, Heussée, ci-présent.

«   D — Demande si elle se rappelle avoir vu Dangé prendre Charles dans ses bras, l’embrasser, en lui disant je voudrais vous voir à la place de votre frère.

«R — Qu’elle ne s’en est pas aperçue.

«   D — Si elle se rappelle une soirée où il faisait froid et que l’on avait enfermé les deux enfants dans une des tourelles, tandis qu’elles s’entretenaient avec Toulan et Lepitre.

«   R — Qu’elle ne s’en rappelle pas.

«   D — A quelle époque, à peu près, Toulan avait promis de faire venir un colporteur aux environs de la tour, à l’effet d’y crier les nouvelles qui pourraient les intéresser.

«   R — Que jamais Toulan, ni aucun autre, ne leur a fait une pareille promesse.

«   D — Sur ce, Charles Capet amené et interpellé de déclarer les faits, a dit persister dans ses dires, alors il s’élève une discussion entre les deux et l’enfant soutient qu’il a dit la vérité.

« à elle lue la déclaration de Charles au sujet des indécences mentionnées en la pièce en date du quinze présent mois.

R — Qu’une pareille infamie est trop au dessous et trop loin d’elle pour pouvoir y répondre, que d’ailleurs l’enfant avait cette habitude longtemps auparavant et qu’il doit se rappeller qu’elle et sa mère l’en ont grondé plusieurs fois.

«   Charles interpellé de s’expliquer à ce sujet atteste qu’il a dit la vérité.

« à elle Lu le reste de la déclaration de Charles sur le même sujet, et dans laquelle il persiste ajoutant qu’il ne se rappelle pas les époques, mais que cela arrivait fréquemment. Répond que comme cela ne regarde qu’elle, elle ni répondra pas plus qu’au reste, et qu’elle croit devoir être, par sa conduite à l’abri du soupçon.

«   Charles interpellé de déclarer qui l’avait instruit le premier dans cette pratique.

«   R — Les deux ensemble.

«   Et sur l’observation à lui faite par sa tante, qu’il avait com­mencé une autre phrase, répond toutes deux ensemble.

«   D — De déclarer si cela arrivait le Jour ou la nuit.

«   R — Qu’il ne s’en souviens pas, mais qu’il croit que c’était le matin.

« à elle demandé si c’était Renard, architecte, qui conduisait la marche à travers les corridors lors de la fuite pour Varennes.

«   Réponds qu’elle est descendue par l’escalier de son apparte­ment ; qu’elle n’a point traversé de corridor et que Renard n’était pas avec elle.

« à elle demandé si elle a vu la voiture de La Fayette, Charles dit qu’elle ne peut l’avoir vu parce qu’elle n’était pas encore dans la voiture ; elle répond qu’elle l’a vu en passant, à pied, au moment où elle partait de la petite cour appellé des princes pour gagner sa voiture.

« à elle demandé si elle se rappelle avoir vu entre les mains de Jobert officier municipal une petite boite remplie de petites figures de cire qu’il disait être l’ouvrage de sa fille.

«   Répond qu’elle s’en souvient.

«   Lecture à elle faite du présent interrogatoire, a déclaré conte­nir vérité, y a persisté et signé et paraphé avec nous le présent clos le jour et an que dessus trois heures et demie de relevée, avec trois ratures approuvées. »

Élisabeth Capet. Louis-Charles Capet

Seguy, David, Pache, Chaumette, Daujon

Heussée

(administrateur de la police)                                         D. E. Laurent

(Gustave Bord, op. cit., T. IV).

Parmi les signataires des procès-verbaux du 7 octobre on remarque la signature du municipal Daujon.

« Ce fut ce même Daujon, écrivait son collègue, le municipal Goret, qui remplit les fonctions de secrétaire, lorsqu’on fit subir, dans le Temple, un interrogatoire au jeune prince, au sujet des propos calomnieux et infâmes qu’on avait répandus sur le compte de la Reine. Voici, mot pour mot, ce que Daujon me rapporta de cet interrogatoire, et j’observe que je le regardais comme un homme digne de foi.

« Le jeune prince, me disait-il, était assis sur un fauteuil, il balançait ses petites jambes dont les pieds ne posaient point à terre. Interrogé sur ces propos en question, on lui demanda s’ils étaient vrais ; il répondit par l’affirmative. Aussitôt, Madame Elisabeth, qui était présente, s’écria : « Oh ! le monstre !» —« Pour moi, ajouta Daujon, je n’ai pu regarder cette réponse de l’enfant comme venant de lui-même, je ne l’ai regardée, ainsi que tout l’annonçait dans son air inquiet et son maintien, que comme lui ayant été suggérée, et le résultat de la crainte des châtiments ou mauvais traitements, dont on avait pu le menacer s’il ne la faisait pas. J’ai pensé que Mme Elisabeth n’avait pas pu s’y tromper, non plus, mais que la surprise de cette réponse de l’enfant lui avait fait jeter son exclamation » (Lenotre, Marie-Antoinette, p. 48).

Et c’est Daujon lui-même qui écrivit, dans une relation auto­graphe les lignes suivantes :

« Je l’ai entendu aussi, ce fils, accuser sa mère et sa tante, de ce qu’à peine se permettraient des amants qui s’estiment ; je l’en­tendais, je l’écrivais… et moi aussi je disais : je n’en crois rien. » (Cf. Lenôtre, op. cit., p. 71.)

De la lettre de la Reine Marie-Antoinette du 16 octobre 1793 !(12)

Mercredi, juin 27th, 2012

 Suite à la publication de cette notice détaillée qui accompagne le lot 142, sous le titre  » le testament méconnu [de la Reine ]  Marie-Antoinette  » où il est fait référence au testament du 5 septembre 1793, publié par Regnault-Warin , nous croyons opportun de vous en donner le texte, extrait du tome IV du livre  » Le cimetière de la Madeleine  » ( Paris, chez Lepetit Jeune, 1801, pp 57-63)   

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Testament de Marie-Antoinette.

( Pièces justificatives, ne‘. 20 )  »

Testament de Marie-Antoinette.

( Pièces justificatives, ne‘. 20 )

 ” Au nom de la sainte-Trinité et de l’église catholique, apostolique et romane , dans laquelle je suis née, j’ai vécu et veux mourir.

Aujourd’hui 5 septembre de l’an de grâce 1793, moi Marie-Antoinette de Lorraine, archiduchesse d’Autriche , veuve de Louis XVI, roi de .France, détenue en la prison dite de la conciergerie du palais, mais libre de coeur , de pensées et d’esprit ; voulant témoigner, autant qu’il est en moi , les sentimens de reconnaissance dont je suis pénétrée pour les bons offices que m’ont rendus, dans les circonstances critiques où j’ai été réduite, les ci‑après sus-nommés, ai désigné et dé­signe, pour exécuteur spécial et uni­versel des présentes       M. l’abbé Edgeworth de Fermont, confesseur ordinaire de madame Elisabeth de France , lequel a assisté, de ses con­seils et de sa charité , le roi, mon époux, dans ses derniers rnomens.

Je recommande au roi Louis‑Charles , mon fils, en supposant que la suite des événemens le reporte sur le trône de son père , de ne se rappeler de sa mort funeste , que pour se conduire avec plus de fer­meté et moins d’irrésolution. Qu’il n’oublie jamais que le défaut de caractère dans un particulier fait sa perte, dans un roi cause le mépris de son gouvernement , et souvent comme dans cette circonstance , la perte des états.

Je crois inutile de lui rappeler tou­tes les obligations qu’il a contractées envers madame Elisabeth , sa tante et ma soeur ; il sera sans doute dans son intention, autant qu’il l’est dans la mienne , que cette vertueuse prin­cesse lui serve de mère , et qu’il ne fasse jamais rien sans la consulter.

Quoique j’eusse desiré que la princesse Marie-Thérèse , ma fille, épouse un archiduc , son cousin du côté maternel, comme la volonté du feu roi mon époux, était qu’elle fait unie au duc d’Angoulême, fils du comte d’Artois son oncle, j’engage mon fils à remplir ce voeu, aussitôt que ma fille sera en état de l’accomplir de son côté.

Je remercie ma chère et tendre sœur Élisabeth de l’amitié sans bor­nes qu’elle a eue pour moi, des soins généreux qu’elle a prodigués à mes pauvres enfans. Si mon fils est des­tiné à vivre sur le trône, je demanda à ma soeur de le diriger, au moins dans les premiers pas de son admi­nistration ; s’il est condamné à passer dans les fers les tristes jours de son enfance et les jours plus amers encore de sa jeunesse, c’est de la bonté de ma soeur que j’en réclame et que j’en espère l’adoucissement.

« Je lègue à ma malheureuse fa­mille le seul don qui soit à ma dis­position ; c’est un bracelet tissu des cheveux de mon époux et des miens, jadis symbole de tendresse , aujour­d’hui monument de deuil et de regret.

J’invite ma fille à répéter quel­quefois sur son piano la romance que j’ai composée sur la fin tragique de son père : les pleurs que je répandais en la traçant, ceux que je versais en la chantant, ne furent point sans quelque douceur.

Je prie ma soeur d’accepter , comme gage de souvenir , l’exem­plaire du Voyage d’Anacharsis que M; de Fermont a bien voulu me don­ner. Je ne laisse à ce digne et respec­table ministre aucun témoignage de ma reconnaissance , que la peine d’exécuter , autant qu’il lui sera pos­sible , mes dernières volontés. Aux coeurs faits comme le sien, il ne faut pas d’autre récompense.

Je donne à madame Richard concierge , mon porte-feuille et deux dessins au crayon.-noir qui y sont renfermés. Je n’ai qu’à me louer  de ses excellens procédés; elle a adouci par ses manières complaisantes,  l’horreur de ma situation , et honore à mes yeux un état que, jusqu’a lors j’avais cru déshonorant.

Je donne à madame Harrel, qui m’a servi avec zèle, pendant mon séjour à la conciergerie, ma bourse et six doubles louis qui y sont renfer­més. Je regrette de ne pouvoir mieux payer ses services.

Je demande pardon à MM. Michonis, Toulan , Dangé , Jobert, Lepître et autres , tant officiers municipaux que citoyens , des peines qu’ils souffrent par rapport à moi.

Puisque le sort m’a mis dans l’impos­sibilité de reconnaître leur dévoue- ment, qu’ils en trouvent le prix dans l’héroïsme même qui le leur inspira.

M. de Fermont trouvera dans l’enveloppe de ce testament trois por­traits de femmes. Ce sont ceux de mesdames de Lamballe , de Mecklembourg, et de H****. Je le prié de remettre le premier à M. de Pen­thièvre, et de faire parvenir les autres à mon frère , sa majesté l’Empereur d’Allemagne , lequel les rendra aux dames ‘qui me les avaient donnés , comme gage de leur attachement. Ce retour leur sera la preuve du mien.

Je pardonne sincèrement à tous ceux qui , sans ou avec motifs, se sont déclarés mes ennemis et mes persécuteurs. J’exhorte le duc d’Or­léans à ne pas abuser plus long­temps d’un pouvoir qu’il sait être usurpé ; mais plutôt de l’honorer et de se le faire pardonner , en proté­geant la faiblesse et en punissant les méchans.

 Je finis , en souhaitant que la France soit heureuse , et en m’abandonnant à la providence , à laquelle j’invite les âmes charitables d’adres­ser pour moi leurs prières.

Signé MARIE-ANTOINETTE.

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PS : La publication de ce texte nous ramène aux premiers échanges que nous avons eu au sujet de la Reine Marie-Antoinette au cours des années 2004-2006 !

Et quel n’est pas notre très grand étonnement de constater que nos contradicteurs de cette époque sont étrangement silencieux sur le Boudoir de Marie Antoinette,

  • * aussi bien sur Louis-Charles, dont ils ont oublié de célébrer l’anniversaire de sa mort officielle au Temple [ serait-ce un signe grave de la naissance d'un doute irrépressible ? ...]
  • * que sur le testament méconnu de la Reine Marie-Antoinette du 5 septembre 1793 ! …

Nous osons espérer que seules de douces contraintes professionnelles ou privées éloignent Pimprenelle du boudoir  de notre très chère Reine Marie-Antoinette ! …

De la lettre de la Reine Marie-Antoinette du 16 octobre 1793 !(11)

Mercredi, juin 27th, 2012

En lisant et relisant la notice détaillée établie par l’expert M Roch de Coligny, une idée s’impose avec force sur la foi même du crédit que nous accordons à cet éminent expert qui nous a honoré de multiples interventions ! 

Et si cette copie du manuscrit autographe de la Reine – dont nous ne savons pas où il serait conservé s’il existe encore … – composé le 5 septembre 1793, juste après l’échec de sa tentative d’évasion, était le document qui a servi à fabriquer le testament apocryphe du 16 octobre 1793, à 4 h 1/2 du matin ? 

Et comment ne pas imaginer aussitôt le rôle qu’a pu jouer l’abbé Magnin pour recueillir le testament dont on nous offre ici une copie ? 

Communion de Marie-Antoinette d’Autriche (1755-1793), reine de France, à la Conciergerie. Paris, 1793. Gravure, B.N. LAP-17846

Lot n°142 Le testament méconnu Marie Antoinette

 

Le testament méconnu Marie Antoinette
Recueil manuscrit de la dernière décennie du XVIIIe s., donnant copie :

- du premier testament de la reine Marie-Antoinette (5 septembre 1793)
– du Journal de ce qui s’est passé à la tour du Temple, par M. de Cléry.

Un volume in-12, pleine basane marbrée, dos à nerfs orné & muet; tranches jaunes. Ce volume contient: – pp. 2-60:

Prières diverses : Oraison à Jesus & a Marie pour obtenir ce qu’on désire. Rénovation des voeux que nous avons fait dans le baptême. Le pater de la jardinière. Prière pour son confesseur. Prière à la Ste Vierge pour obtenir la constance dans le bien. Oraison à St Joseph. Prière a l’ange gardien. Prière à St François de Sales. Etc. Fragment d’un sermon prêché à St Sulpice par Mr Bridaine a Paris en 1751.

– 6 ff non chiffrés: Péroraison du sermon sur la pensée de la mort par le Père Beauregard.

- 4 ff non chiffrés: Testament de Marie Antoinette Reine de France femme de Louis seize.

– pp. 1-160 et 1-148: Journal de ce qui s’est passé à la tour du Temple pendant la captivité de Louis seize Roi de France, Par Mr Clery valet de chambre du Roi [2 parties].

– 53 ff blancs.

Si la lettre que Marie Antoinette rédigea à l’intention de sa belle-soeur, au matin de son exécution, le 16 octobre 1793, est abondamment connue, depuis sa découverte en 1816, au point de passer pour le testament de l’infortunée Reine, le testament proprement dit, daté du 5 septembre précédent, et que donne notre recueil, est resté presqu’inconnu aux recherches historiques.

Publié une première fois par Regnault-Warin en 1800, quelques extraits en ont été publiés dans un journal parisien, La Quotidienne (21 février 1816) et furent ensuite repris par Gabriel Peignot dans son Choix de testaments anciens et modernes… (tome II, p. 63-64).

Le silence des historiens a contribué peu à peu à jeter le discrédit sur ce testament, alors que tout (tant la forme que le fond et la provenance) en garantit la parfaite authenticité.

Notre version manuscrite diffère par plusieurs détails de la publication donnée par Regnault-Warin : elle semble donc copiée directement sur l’original qu’avait gardé en sa possession l’abbé Edgeworth de Fermont, confesseur de la famille royale.

Il s’agit donc du «vrai» testament de Marie Antoinette, la lettre du 16 octobre méritant davantage le nom de «lettre d’adieu».

Quant au Journal de Cléry, il offre bien des variantes avec le texte habituellement publié dès la fin du XVIIIème siècle (Londres, 1798). On y trouve des tournures et des graphies anciennes qui indiquent que la présente version est certainement conforme au texte original ; il est en tout cas certain que ce manuscrit n’a pas été copié sur l’une ou l’autre des versions imprimées, mais bien plutôt sur le manuscrit de Cléry lui-même. Nous avons donc ici le texte initial, avant les modifications apportées par l’imprimeur, texte initial dont aucun autre exemplaire n’a subsisté. C’est donc un manuscrit unique.

En résumé, ce volume est un témoignage de toute première main des derniers jours de nos infortunés souverains. extraordinaire copie manuscrite du testament méconnu de la reine.

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PS [ Pour mémoire, comment ne pas rappeler ici la mobilisation des fervents robespierristes, historiens et politiciens, qui a obligé l'Etat à préempter les manuscrits de Robespierre chez Sotheby’s  pour 900 000  euros !...]

Du PV du 6 octobre 1793 …(3)

Mercredi, juin 27th, 2012

Parce que nous ne devons négliger aucune occasion offerte par l’actualité pour mettre en doute l’imposture de la version officielle de l’histoire nous oserons revenir une fois encore sur le document crucial sur lequel est fondée notre intime conviction selon laquelle Louis XVII n’est plus au Temple 6 octobre 1793 !

Comment peut-on expliquer que Louis XVII ait pu écrire  ces lignes d’écriture (  sur ce document mis en vente le 29/06/2012 ) et ait signé ensuite le PV du 6 octobre 1793, APRES AVOIR TENU TETE A  » SA TANTE  » ET A  » SA SOEUR  » , comme le prétend la version officielle et révolutionnaire de l’Histoire, défendue bec et ongles par les royalistes eux-mêmes ?   

 

 

Signatures des témoins au bas de la déposition du 6 octobre 1793

(1) Signatures des témoins au bas de la première des deux confrontations du 7 octobre 1793, contre Madame Royale

(2) Signatures des témoins au bas de la seconde confrontation du 7 octobre 1793, contre Madame Elisabeth

 

Signatures des témoins au bas de la déposition du 26 octobre 1793

 

Les quatre signatures de l’enfant du Temple

 

De la lettre de la Reine Marie-Antoinette du 16 octobre 1793 !(10)

Mercredi, juin 27th, 2012

Comment ne pas s’interroger devant le rapprochement de la signature  » Marie – Antoinette  » sur cette page du livre conservé à Chalons-en-Champagne, avec celle qui apparaît sur le document du 1/04/1783, mis en vente le 29/06/2012 !   

Obligé de supprimer l’image pour des raisons de lisibilité, nous vous renvoyons à la source 

http://catalogue.drouot.com/html/d/fiche.jsp?id=2514580&np=8&lng=fr&npp=20&ordre=1&aff=1&r=#

Il est malheureusement plus difficile de faire le rapprochement avec la signature qui est sur ce document daté du 01/07/1786 ! 

Si un expert pouvait réduire le format de la signature intermédiaire ci-dessus ( 1/04/1783 ) de Marie Antoinette, cela nous permettrait de conserver cette image que nous affichons provisoirement en raison du problème  technique de lisibilité ….

Question pour un expert es-écriture de la Reine : 

la signature sur le document de 1786 ne serait-elle pas par hasard celle du secrétaire de la main de la Reine ? 

Quant au testament inédit de la Reine proposé dans cette vente, et qui nous est proposé sous forme d’une copie manuscrite – il est évident que ce n’est pas la signature de la Reine ! – est-ce que par hasard ce ne serait pas un manuscrit qui aurait servi à composer le texte du testament de la Reine du 16 octobre 1793 que nous tenons pour APOCRYPHE, pour de multiples raisons que nous avons déjà exposées en temps et heure ?…

Nous ignorons tout de ce document ! Mais comment ne pas se poser la question capitale suivante : 

Et si ce document  était authentique et était une copie du véritable testament autographe que la Reine a dû vouloir écrire, selon les exigences de la logique humaine ?

Si ce document était authentique quelle formidable preuve supplémentaire ce serait pour affirmer le caractère apocryphe de la lettre du 16 octobre 1793, qu’il est impossible que la Reine ait pu écrire à la Conciergerie à 4 h 1/2 du matin, dans l’état physique qui était le sien !…

Alerte ! Vente Ader du 28/06/2012 !

Mercredi, juin 27th, 2012

Nous venons de découvrir à l’instant qu’il existe des gravures de la Reine et du Dauphin dans ce Lot n°256 de la vente du 28/06/2012 

En raison de l’origine de ce lot qui nous renvoie à Gustave de Reiset à la vente aux enchères du 06/06/2012, peut-être pourrait-il être très intéressant d’en savoir plus sur ces gravures du Dauphin ?

[MARIE-ANTOINETTE]

Dossier de notes, manuscrits et imprimés concernant les travaux de Gustave de Reiset consacrés à la Reine; environ 200 pages, formats divers. Carnet de notes autographes, documentation, notes et brouillons préparatoires, copies, manuscrit pour l’impression de son édition des Lettres de la reine Marie-Antoinette à la landgrave Louise de Hesse-Darmstadt (Plon, 1865), avec 2 exemplaires de cette édition. Chemise avec inscription autogr. de la Grande Duchesse Louise (Darmstadt 1801); épreuves; gravures des portraits de la Reine et du Dauphin; coupures de presse sur Modes et usages au temps de Marie-Antoinette (1884)

 

Vers la découverte de la vérité sur Louis XVII, grâce aux futures analyses ADN de la mèche de cheveux ” Louis XVII – de Reiset ” ? …(3)

Ventes aux enchères 28 – 29 juin 2012 ![MAJ 27/06]

Mardi, juin 26th, 2012

Dix-sept mille mercis au Boudoir de Marie Antoinette, grâce à qui nous venons de découvrir le catalogue d’une vente aux enchères organisée par Millon-Associés  , d’où nous extrayons les lots suivants avec leur notice détaillée de présentation …

LOT n°144

La dernière journée du roi Louis XVI Trois récits manuscrits de la funeste journée du 21 janvier 1793 et de la décapitation du Roi Louis XVI. Dernière décennie du XVIIIe …

Fiche détaillée

LOT n°142
Le testament méconnu Marie Antoinette Recueil manuscrit de la dernière décennie du XVIIIe s., donnant copie: – du premier testament de la reine Marie-Antoinette (5 septembre 1793) – du Journal de ce qui s’est passé à la tour du Temple, par M. de Cléry. Un volume in-12, pleine basane marbrée, dos à nerfs orné & muet; tranches jaunes. Ce volume contient: – pp. 2-60: Prières diverses: Oraison à Jesus & a Marie pour obtenir ce qu’on désire. Renovation des voeux que nous avons fait dans le bapteme. Le pater de la jardiniere. Priere pour son confesseur. Priere a la Ste Vierge pour obtenir la constance dans le bien. Oraison a St Joseph. Priere a l’ange gardien. Priere a St Francois de Sales. Etc. Fragment d’un sermon prechée a St Sulpice par Mr Bridaine a Paris en 1751. – 6 ff non chiffrés: Peroraison du sermon sur la pensée de la mort par le Père Beauregard. – 4 ff non chiffrés: Testament de Marie Antoinette Reine de France femme de Louis seize. – pp. 1-160 et 1-148: Journal de ce qui s’est passé à la tour du Temple pendant la captivité de Louis seize Roi de France, Par Mr Clery valet de chambre du Roi [2 parties]. – 53 ff blancs. Si la lettre que Marie Antoinette rédigea à l’intention de sa belle-soeur, au matin de son exécution, le 16 octobre 1793, est abondamment connue, depuis sa découverte en 1816, au point de passer pour le testament de l’infortunée Reine, le testament proprement dit, daté du 5 septembre précédent, et que donne notre recueil, est resté presqu’inconnu aux recherches historiques. Publié une première fois par Regnault-Warin en 1800, quelques extraits en ont été publiés dans un journal parisien, La Quotidienne (21 février 1816) et furent ensuite repris par Gabriel Peignot dans son Choix de testamens anciens et modernes… (tome II, p. 63-64). Le silence des historiens a contribué peu à peu à jeter le discrédit sur ce testament, alors que tout (tant la forme que le fond et la provenance) en garantit la parfaite authentiticité. Notre version manuscrite diffère par plusieurs détails de la publication donnée par Regnault-Warin: elle semble donc copiée directement sur l’original qu’avait gardé en sa possession l’abbé Edgeworth de Fermont, confesseur de la famille royale. Il s’agit donc du «vrai» testament de Marie Antoinette, la lettre du 16 octobre méritant davantage le nom de «lettre d’adieu». Quant au Journal de Cléry, il offre bien des variantes avec le texte habituellement publié dès la fin du XVIIIème siècle (Londres, 1798). On y trouve des tournures et des graphies anciennes qui indiquent que la présente version est certainement conforme au texte original; il est en tout cas certain que ce manuscrit n’a pas été copié sur l’une ou l’autre des versions imprimées, mais bien plutôt sur le manuscrit de Cléry lui-même. Nous avons donc ici le texte initial, avant les modifications apportées par l’imprimeur, texte initial dont aucun autre exemplaire n’a subsisté. C’est donc un manuscrit unique. En résumé, ce volume est un témoignage de toute première main des derniers jours de nos infortunés souverains. extraordinaire copie manuscrite du testament méconnu de la reine

LOT n°143

Le maître à voltige de Marie Antoinette Mandement donné par Marie Antoinette à Marc Antoine François Marie Randon de la Tour, trésorier général de ses maison & finances, …

Versailles, 1er avril 1783. Feuille de papier, avec le mot autographe «payez» et la signature autographe «Marie Antoinette».

Fiche détaillée

LOT n°144

La dernière journée du roi Louis XVI Trois récits manuscrits de la funeste journée du 21 janvier 1793 et de la décapitation du Roi Louis XVI. Dernière décennie du XVIIIe …

Fiche détaillée

 LOT n°146

Deux pastels sur parchemin (50 x 36 cm). Sur leurs chassis d’origine. Cadres anciens. Le portrait de Marie-Thérèse est signé «De Sampsois, 1791» (en bas à droite, en rouge). Les deux Enfants sont vis-à-vis, accoudés à une table, sur un fond neutre. Le Dauphin, vêtu d’un habit bleu d’où ressort un col de dentelle ouvert, tient un compas qu’il applique sur le pied d’un globe terrestre que couvre sa main gauche tenant une loupe. Madame Royale, aussi vêtue de bleu & de dentelles, tient de la main droite un bouquet posé sur la table, et de l’autre main présente une plaquette ocre-brun; une colombe s’est posée sur son épaule. Les visages sont clairs, de longs cheveux blonds cascadent sur les épaules, les regards sont bleus comme celui de leurs parents. Ils nous regardent. Le travail est un brin naïf, mais le rendu des visages est bon. Ces portraits sont totalement inédits. Conservés jusqu’à cette année dans une gentilhommière de Picardie, ils sont révélés & publiés pour la première fois. Ce sont probablement les ultimes grands portraits des Enfants royaux, du temps où leur vie était encore heureuse. En 1791, le jeune Dauphin (que la Constitution nomme dès lors «le prince royal»…) apprend les lettres, les sciences & la géographie sous la conduite de son père et de son précepteur. Dans une collection privée que nous avons visitée, est conservé un habit bleu ayant appartenu à Louis XVII et en tous points semblable à celui qui figure sur le présent pastel. Louis-Charles de France, dauphin de Viennois (futur Louis XVII) Marie-Thérèse de France Madame Royale (future duchesse d’Angoulême) Jean-François de Sompsois (ou De Samsois, ou De Sampsois), peintre français, se rendit à Saint Pétersbourg en 1751-1752, où il fit le portrait de l’impératrice et de plusieurs dames de la Cour. Il revint en France, repartit à Saint Pétersbourg en 1756, où il resta six ans, et retourna à Paris. Associé libre de l’Académie de Saint Luc en 1775, il fut reçu maître-peintre à La Haye en 1778, où il demeura plusieurs années. Revenu à nouveau en France en 1788, il se lia avec le comte de Paroy, avec qui il fréquenta Mme Vigée Lebrun. Il quitta définitivement la France à l’automne 1791, et mourut en 1797. Après avoir suivi la carrière des armes, Guy Philippe Le Gentil, comte de Paroy (1750-1824), se mit à peindre et à graver (il exposa dix-sept gravures lors du Salon de 1787). Il faisait partie du cercle intime de Mme Vigée Lebrun, et fut lui aussi élu à l’Académie de Saint Luc. Ce fut pour faciliter l’éducation du Dauphin qu’il inventa la fameuse «lanterne magique». Fidèle du Roi, il dessina en particulier la scène du 20 juin 1792, combattit lors de la journée du 10 août suivant. Même après 1793, il continua à faire & à vendre des portraits de la famille royale. On lui doit l’Antigone française, représentant Marie-Thérèse de France. C’est vraisemblablement en s’inspirant du présent pastel de Louis XVII que le comte de Paroy a conçu & exécuté la gravure intitulée «Louis XVI s’occupant de l’éducation de son fils dans la tour du Temple»

 LOT n°147

Devoir d’écriture du Dauphin (1790-1791) Louis-Charles de France, duc de Normandie, Dauphin de Viennois, futur Louis XVII (né en 1785, mort en?). Feuillets d’écriture. Sans date, vers 1790-1791. Double feuillet (155 x 195 mm) de papier vergé (filigrane: D&CBeauw); écrit à l’encre brun-noir, sur cinq lignes tracées au crayon; tranches dorées. Dans une chemise de papier vergé. Il s’agit d’un des feuillets d’écriture du jeune Dauphin, qui s’exerçait sous la conduite tantôt de son père, le Roi, tantôt de Pierre-Louis Sourdon- Dumesnil de Saint Cyr qui accomplissait la charge de «maître à écrire des Enfants de France». Le jeune prince s’exerçait principalement à écrire son nom (Louis Charles); on trouve ici un autre mot: «larmoyant», ce qui ne manque pas d’évoquer, de façon touchante, les persécutions que l’Enfant subira prochainement. A la quatrième ligne, on remarque qu’une main adulte et plus sûre (le Roi ou le maître d’écriture?) a écrit, en guise de modèle, le mot «Louis», accompagné des guides d’inclinaison. Ce document provient de l’extraordinaire collection de Prosper Tarbé (1809-1871), donnée presqu’entière à la ville de Reims par sa fille, à l’exception de quelques pièces majeures. M. Tarbé avait très probablement acquis ce manuscrit lors de la vente des archives de feu Pierre-Louis Sourdon Dumesnil de Saint Cyr, maître d’écriture des Enfants de France (tenue à Versailles le 25 avril 1845), d’autant plus qu’à cette époque Prosper Tarbé était substitut du roi à Versailles et qu’il acheta de nombreuses pièces à cette vente (dont un recueil de dessins de Charles Gilbert, maître à écrire de Louis XIV et aîeul de Sourdon-Dumesnil; ce recueil vient d’être acquis par la Bibliothèque sainte Geneviève). La chemise qui resserre ce document est semblable à celles de la collection Tarbé aujourd’hui conservée à Reims, et l’on y reconnaît bien l’écriture du collectionneur. Dans l’attestation qu’il rédigea en 1843 pour reconnaître Louis XVII dans la personne du baron de Richemont, Sourdon-Dumesnil évoqua un portefeuille dans lequel se trouvaient des modèles d’écriture tracées de la main du duc de Normandie. Ce sont ces documents qui passèrent en vente en 1845, parmi lesquels le présent bifeuillet acquis par Prosper Tarbé. Deux autres feuillets d’écriture du duc de Normandie, sont passés en vente depuis le début du siècle: – vente de la collection Alain Bancel, 21 mai 2003 (Drouot, Piasa). – vente du 27 mars 2007 (Drouot, Piasa).
Nota bene: on a parfois confondu les devoirs d’écriture du futur Louis XVII (Louis-Charles), avec ceux de son frère aîné Louis, le «premier Dauphin», mort en juin 1789.
Les écritures et les signatures étant très différentes, on ne s’explique pas qu’une telle confusion soit encore possible. Très récemment encore (mars 2012), un devoir de l’aîné, passé en vente dans une ville de Provence, a été erronément présenté comme étant de la main du cadet… émouvant souvenir du futur louis xvii, avant son lugubre enfermement dans la prison du temple

 

LOT n°148

Le Roi & la Reine Boîte à l’urne mystérieuse, présentant en contre-forme le profil du Roi, de la Reine et des Enfants de France. Vers 1820. Boîte en ivoire doublée d’écaille…

Fiche détaillée


LOT n°149

Les Enfants de France Louis Charles & Marie Thérèse de France (Louis XVII & Madame Royale). Paire de physionotraces (diamètre 7 cm), présentés chacun dans un petit cadre rond en laiton, orné d’une frise de rais de coeur. Fin du XVIIIème siècle.

 

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Voir aussi cette vente aux enchères du 28 juin 2012, où se trouvent des lots fort intéressants, que nous recopions à partir du Boudoir de Marie-Antoinette, n’ayant pas le temps de faire les recherches nécessaires sur le site du marchand d’autographes  …

Manuscrits et autographes

Jeudi 28 juin à 14h00

Salle des ventes Favart, 3 rue Favart 75002 Paris

Manuscrits et autographes

- PS avec un mot autographe payez Marie Antoinette.
Versailles 1er juillet 1786 ; contresignée par son secrétaire des commandements Beaugeard ; 1 page in-fol

Estimation : 1800-2000 euros

- MARIE-ANTOINETTE (1755-1793)
LA, [1776], à M de Clugny ; 1 page in-8 (lég piq)
Estimation : 12000-15000 euros

 A noter ce lot qui nous renvoie à la récente vente aux enchères des cheveux de  » Louis XVII-de Reiset  » du 06/06/2012 !

Lot n°256

[MARIE-ANTOINETTE]

Dossier de notes, manuscrits et imprimés concernant les travaux de Gustave de Reiset consacrés à la Reine; environ 200 pages, formats divers. Carnet de notes autographes, documentation, notes et brouillons préparatoires, copies, manuscrit pour l’impression de son édition des Lettres de la reine Marie-Antoinette à la landgrave Louise de Hesse-Darmstadt (Plon, 1865), avec 2 exemplaires de cette édition. Chemise avec inscription autogr. de la Grande Duchesse Louise (Darmstadt 1801); épreuves; gravures des portraits de la Reine et du Dauphin; coupures de presse sur Modes et usages au temps de Marie-Antoinette (1884)

 

Merveilleux fruits de notre recherche du vrai sur le destin de Louis XVII !

Mardi, juin 26th, 2012

ALLELLUIA ! 

En raison de l’importance des découvertes faites par Philippe, nous avons envoyé un message à notre ami Claude Bertin, dont nous n’avions plus de nouvelles depuis bien trop longtemps !…

Et à l’instant, nous venons de recevoir une réponse électronique, d’où nous extrayons cette conclusion : 

 »  Donc, sous peu je reprendrai place a mon poste. Je viens tout juste de relire « Sire » de Jean Raspail : une bouffée d’air pur pour la France et le monde. Tout n’est pas perdu. »

EN LISANT CES LIGNES, COMMENT NE PAS  ETRE PORTE A CROIRE QUE NOUS SOMMES FACE AU MYSTERE DE L’EXISTENCE ENCORE CACHEE DU BOURBON-HABSBOURG, DESCENDANT DE LOUIS XVII, FILS  DE LOUIS XVI ET DE LA REINE MARIE-ANTOINETTE,  NECESSAIRE A LA RESURRECTION DU ROYAUME DE FRANCE ?…

Dix-sept mille mercis, cher Philippe !

Quant à vous,cher Claude, si les logiciels de traduction automatisée n’existaient pas, nous vous aurions facilement condamné à traduire tous les textes découverts par Philippe dans la presse américaine, pour nous avoir fait défaut pendant si longtemps  ! Ne recommencez plus SVP  … tout au moins tant que nous n’aurons pas résolu l’énigme Louis XVII ! …

Dix-sept mille mercis d’être revenu chez vous ! 

ALLELUIA !